INTERVIEW MELODY MOTA - L'AVENTURIÈRE ENGAGÉE

[ILS ONT OSÉ] Pour la rentrée, partons à la rencontre de Melody qui s’est lancé un défi aussi éthique que sportif, marcher sur le chemin de Compostelle en quête d’écologie intérieure. 

J’aime me décrire comme Aventurière - artiste et créatrice de contenus engagés pour un avenir meilleur […] À travers ce documentaire je souhaite montrer qu’il n’y a pas d’écologie sans écologie intérieure et ainsi remettre l’écologie au centre de nos vies et éveiller les consciences. " 

 
Nous avons donc eu la chance de rencontrer Melody Mota. Une créatrice de contenus engagés pour un avenir meilleur et associée de Time For The Planet. Il y a un mois, elle s’est lancé un tout nouveau défi. La réalisation d’un film documentaire sur le chemin de Compostelle... Le temps d’une rencontre, elle nous parle de l’importance de mieux se connaitre pour effectuer sa transition écologique.  
 
    
Audrina :  Hello Mélody, parlez-nous de vous et de votre parcours ?
Mélody : J’aime me décrire comme "Aventurière, artiste et créatrice de contenus engagés pour un avenir meilleur". J’écris, je fais des podcasts, des vidéos, de la photographie… Pour partager ce que je ressens, mes apprentissages et mes ressentis sur la vie, la nature, la spiritualité, l’amour, la société… C’est un titre que j’ai moi-même pensé, car je n’ai jamais trouvé une étiquette de la société qui me convenait  !  […]
 

Après mes études, j’ai travaillé pendant 2 ans à Paris dans l’immobilier, en gestion du développement durable. Sur le papier, j’avais tout ce qu’il fallait : un bon salaire, un bel appartement, un CDI, un super chéri… Et pourtant, je ne me sentais pas à ma place… Je ne voyais aucune autre possibilité et j’étais paralysée par mes peurs (financières, matérielles, le jugement des autres…). 

Durant l’été 2021, j’ai eu le besoin d’aller marcher et respirer. Je suis partie 2 semaines sur le chemin de Compostelle. En marchant, je découvrais la simplicité, l’authenticité des gens. Un bonheur de me retrouver, mais aussi de retrouver la joie et la lumière en moi qui s’étaient éteintes depuis bien longtemps. Alors, j’ai prolongé ma marche et je suis finalement partie 1 mois (de Conques à St Jean de Luz). Après avoir goûté à ce bonheur si pur, je me suis promis de ne pas retourner là où je n’étais pas heureuse avant. Alors j’ai quitté mon job, mon appartement, mon copain, et je suis partie de Paris. 

Je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire, mais je savais que j’avais besoin de me retrouver et qu’en lâchant ce qui ne me convenait pas mon chemin se dessinerait devant moi. Dans ma quête de sens et de reconnexion à la nature, j’ai fait du woofing dans des éco-lieux durant 6 mois pour apprendre la permaculture. J’ai rencontré des personnes inspirantes et j’ai appris à vivre en accord avec les valeurs. Pendant ces 6 mois où je pensais « simplement » me reconnecter à la nature, je me suis rendu compte que l’écologie passait avant tout par chacun d’entre nous, et donc par l’écologie intérieure. Soit, prendre soin de soi, de sa santé mentale, travailler sur son développement personnel. C’est ce que j’ai fait, et j’ai énormément grandi. C’est ainsi que j’ai eu l’idée de réaliser un documentaire sur le lien entre transition écologique et écologie intérieure. 

      
A : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre projet de documentaire  ?
M :À travers ce documentaire, je souhaite prouver qu’il n’y a pas de transition écologique sans écologie intérieure. Remettre l’écologie au centre de nos vies et éveiller les consciences. Montrer que la transition écologique passe par la transformation intérieure de chacun. Je veux montrer que cette écologie intérieure est accessible à tous et que contrairement à ce que l’on croit, elle n’est ni punitive, ni privative. Mais qu’au contraire, elle amène à une nouvelle vie d’abondance, de simplicité, de joies et dénuée de peurs. Mon chemin (physique comme intérieur), sera la ligne directrice du film. Je vais aller à la rencontre de personnes inspirantes et engagées afin de partager leurs témoignages et leurs apprentissages sur l’écologie et l’écologie intérieure.  

Le documentaire sera ensuite proposé à des festivals. J’organiserai des projections et des débats afin de diffuser ces messages d’amour, d’espoir et de paix au plus grand nombre. Je suis convaincue que le monde peut évoluer positivement si chacun "incarne le monde qu’il souhaite voir devenir" (Gandhi). Et cela commence par prendre soin de soi. 

  
  
A :  Comment vous est venu l’idée d’une telle aventure ?
M : En relisant les notes du dernier jour de mon précédent chemin. J’ai vu que j’y avais écrit "J’aimerais refaire le chemin de Compostelle, mais cette fois-ci en entier aller-retour, depuis chez moi, et avec une tente". L’idée était restée dans un coin de ma tête…  Puis quand j’ai compris - avec mon cheminement personnel de ces derniers mois - que l’écologie passait par l’écologie intérieure, je voulais le partager au monde entier ! J’adore faire des interviews (j’ai d’ailleurs un podcast qui s’appelle Inspire) et des vidéos (notamment une chaîne YouTube). Je rêvais depuis longtemps de réaliser un film sans savoir sur quel sujet. Là, c’était une évidence : j’allais tourner un film sur l’écologie intérieure ! 

Et comme marcher sur le chemin de Compostelle m’avait permis de me réaligner sur le sujet, j’ai choisi de repartir marcher, et cette fois-ci en entier aller-retour, depuis chez moi, et avec une tente ! Goûter à la liberté extérieure totale, afin d’atteindre la liberté intérieure en moi, de la partager et permettre à tous de l’atteindre.     

   
A :  Comment prépare-t-on un tel projet  ?
M : Houlà ! Je dirai que pour ça, chacun sa méthode. J’ai eu l’idée vers le 20 juin et je voulais partir le 1er août. J’avais donc un peu plus d’un mois pour tout préparer. Il fallait trouver des partenaires, lancer une campagne de financement participatif, trouver le matériel pour le tournage, choisir mon itinéraire… 

Autant vous dire qu’en un mois, c’était TRÈS intense. Et si j’avais su tout le travail que ça me demanderait, j’aurais sûrement prévu plus de temps. Ou alors, je ne me serai pas lancée…  Je me suis laissé porter par ma créativité et mon cœur qui vibrait vraiment à l’idée de ce projet. Et plus concrètement, j’ai fait une méga "to do list" avec des priorisations par tâches, des deadlines pour chacune et un rétro planning. J’ai passé 1 mois derrière mon ordi et mon téléphone, de 8h à 22h. Mais aujourd’hui, je suis en chemin ! Ma campagne de Crowdfunding fonctionne bien, et je sais que ce film va voir le jour et sera merveilleux.  

      

A : Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui comme vous, souhaite se lancer ?

M : Je lui dirai : "Écoute ton cœur. Si ça te fait vibrer fonce, ne réfléchis pas trop, tout coulera de source et tu vas t’éclater ! Fais-toi confiance. 

 N’écoute pas trop les avis extérieurs… Les gens de notre entourage (plus ou moins proche) ont tendance à projeter leurs peurs sur nous.  Reste droit dans tes bottes. 

 Le plus difficile c’est le premier pas, la première action, le premier saut dans le vide. Mais une fois que tu as fait le premier pas, le reste viendra tout seul. Il suffit de mettre une date pour que le rêve se concrétise. On n’est jamais prêt à 100%, et il n’y a jamais de moment parfait pour se lancer, donc vas-y maintenant !" 

 Et enfin, le plus important selon moi, amuse-toi ! Dans tout ce que tu fais, mets-y du plaisir, mets-y tout ton cœur, et ça se ressentira dans le résultat. La vie est un jeu. Créer ta vie, tes aventures, tes projets et tout sera parfait (même les difficultés).